Jet's raconte son enfance
PS: C'est un peu long mais interessant!!!
Ma famille était composée de ma mère, deux soeurs et deux frères aînés. J'étais le plus jeune. Quand j'avais deux ans, mon père est mort, aussi je n'ai jamais pu mémoriser son visage. Parce que j'étais le plus petit, ma mère ne me permettait jamais d'aller nager ou de faire du vélo. Toute activité présentant un risque - toute sorte d'exercice qui pouvait comporter le moindre danger- m'était interdit. Ainsi, alors que les enfants de mon âge allaient jouer dans la rue, ce petit garçon docile restait à la maison. Les adultes me disaient sans cesse : "ne touche pas à ça !" et il ne me serait jamais venu à l'idée de le toucher. "Ne mange pas ça !" - et je n'y songeais même pas. Ceci représente mes souvenirs les plus anciens.
C'est dans ce genre d'environnement que j'ai grandi.
Même après être entré à l'école, je ne savais toujours pas faire du vélo. Tout le monde en faisait autour cde moi, et je n'ai pas essayé avant 14 ou 15 ans ! Nager, faire du patin à glace... tout cela, c'était ce que les autres enfants pouvaient faire et pas moi. Ma mère avait dit non, et je n'aurais jamais essayé dans son dos.
J'avais déjà 8 ans quand j'ai commencé l'école, ce qui me retardait d'un an par rapport aux autres enfants. Pour une raison qui m'échappe, j'étais très populaire auprès de mes professeurs. Je ne vois vraiment pas pourquoi ! Peut-être parce que j'étais honnête et faisais ce qu'on me disait. Les professeurs m'adoraient tellement qu'ils m'ont nommé moniteur d'éducation physique. Dans chaque classe, certains élèves exceptionnels sont appelés à être moniteurs, ils assistent le professeur en faisant respecter l'ordre, en vérifiant l'assiduité des autres, ce genre de chose. Il y avait des moniteurs de lecture, des moniteurs de maths, mais le moniteur d'éducation physique était responsable des classes de niveau 1 à 6 sur le cours quotidien et national de gymnastique rythmique.
Alors c'est là que je me trouvais chaque jour, perché au sommet de cette gigantesque plate-forme, commandant aux masses. "Un, deux, trois, quatre... deux, deux, trois, quatre..." Il est possible que certains d'entre vous ne soient pas familiarisés avec le système scolaire chinois.
A la fin des deux premiers trimestres, il y a des vacances et tous les élèves de tous niveaux se tiennent alignés dans la cour de l'école. Tout le monde commence à exécuter des exercices obligatoires en rythme avec la musique enregistrée diffusée par les haut-parleurs. Et moi, devant tout le monde, sur cette plate-forme. Très sérieux. "Un, deux, trois, quatre... deux, deux, trois, quatre...". Je ne sais pas si c'était une bonne chose ou une mauvaise chose que d'être le chouchou des professeurs, mais j'ai trouvé intéressant le fait que je me suis retrouvé avec 100% à chaque contrôle. Dans chaque matière.
Quelquefois, en passant un contrôle, il m'arrivait d'oublier un tiret ou une décimale. Quand j'allais au bureau du professeur pour le rendre, elle me demandait : " Est-ce que tu es sûr que tu veux le rendre ? est-ce que tu es sûr que tu as bien tout relu ? " Juste devant moi, il y avait une copie d'un test parfaitement rempli. "Tu es sûr que tu es prêt à rendre ton devoir ?" me demandait-elle. "Tu as tout vérifié ?".
"Euh... euh...", je détournai les yeux puis la regardai de nouveau. Peut-être que mon devoir nécessitait un peu plus de travail. Je me suis dépêché de retourner à ma place pour faire les corrections. La seule matière qui me posait vraiment problème était la musique, parce que je n'avais aucune oreille. A chaque fois que je me mettais à chanter, ça sonnait faux. J'étais totalement incapable de chanter juste. Je savais que je ne savais pas chanter. Le professeur le savait aussi. Aussi quand vint la fin du cours... eh bien, disons que chaque élève devait chanter individuellement. Tandis que j'attendais mon tour, je devenais de plus en plus nerveux. "Il n'y a aucune issue", je me disais en moi-même. Mais je voulais vraiment conserver ma première place. Voyez-vous, j'étais un élève sérieux. Quand je rentrais de l'école, la première chose que je faisais, c'était mes devoirs. Je ne me permettais pas de dîner ou de jouer dehors si je ne les avais pas terminés, sinon je me sentais coupable. Mais aucun travail acharné n'aurait pu m'être d'aucune utilité pour améliorer mes talents de chanteur.
Alors le professeur de musique appela finalement mon nom (zut !) ; je me levai. "Li Lianjie, tu as mal à la gorge, n'est-ce pas ?". Je restai bouche bée. "Hein ?" La voilà, ma chance de me défiler ! Mais ma mère m'avait enseigné de ne pas mentir, aussi je restai là, l'air hébété, en pleine confusion.
"Hein ?"
"Si tu as mal à la gorge, tu n'as pas à passer le test. Rassieds-toi. 100%."